À Kadutu, la culture des champignons pleurotes ouvre de nouvelles perspectives d’autonomisation pour les femmes et les filles
Dans le cadre du projet d’appui à l’autonomisation entrepreneuriale des femmes et des filles et à la gestion de la crise climatique au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, une formation pratique consacrée à la culture des champignons pleurotes et à la production du mycélium a été organisée à Kadutu, dans la province du Sud-Kivu.
Cette activité a réuni 40 femmes et filles, avec pour objectif de renforcer leurs compétences techniques et entrepreneuriales afin de leur permettre d’explorer de nouvelles opportunités économiques adaptées au contexte local.
Une formation axée sur les compétences pratiques

La formation a porté sur les principales étapes de la production des champignons pleurotes, notamment les connaissances de base sur la myciculture, la préparation des substrats, les conditions nécessaires à la croissance des champignons ainsi que la production et l’utilisation du mycélium.
L’approche privilégiée était essentiellement pratique. Les participantes ont eu l’occasion de mieux comprendre les différentes étapes du processus de production et d’identifier les possibilités de développer cette activité à petite échelle, puis progressivement comme une véritable activité génératrice de revenus.
Au-delà des connaissances techniques, la formation a également permis d’échanger sur les possibilités de commercialisation des champignons et sur la manière dont cette activité peut contribuer au renforcement de l’autonomie financière des femmes et des filles.
« Découvrir tout le potentiel économique de la myciculture »

Pour Philemon, point focal et formateur de cette activité, cette expérience représente un moment particulièrement important.
« Cette expérience a été l’une des plus belles vécues cette année. Elle m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences, mais surtout de découvrir tout le potentiel économique de la myciculture comme activité génératrice de revenus et comme opportunité pour renforcer l’autonomie financière des femmes et des filles. »
Son témoignage traduit l’importance d’investir dans des formations qui ne se limitent pas à la transmission de connaissances, mais qui permettent également aux communautés d’identifier des solutions économiques concrètes et adaptées à leur environnement.
Pour Philemon, la myciculture représente ainsi bien plus qu’une simple technique agricole. Elle constitue une opportunité de développer l’entrepreneuriat local, de créer des sources de revenus et d’encourager les femmes et les filles à devenir davantage actrices de leur propre développement économique.
Une opportunité pour l’entrepreneuriat féminin

Dans un contexte où de nombreuses femmes et filles font face à des difficultés d’accès aux opportunités économiques, au financement et à l’emploi, le développement de petites activités génératrices de revenus peut jouer un rôle important dans le renforcement de leur autonomie.
La culture des champignons pleurotes présente notamment l’intérêt de pouvoir être développée sur de petites superficies et avec des ressources relativement accessibles. Elle peut ainsi offrir aux bénéficiaires une possibilité de développer progressivement une activité entrepreneuriale au niveau familial ou communautaire.
L’objectif est de permettre aux participantes de transformer les connaissances acquises en initiatives concrètes, susceptibles de contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie et de celles de leurs familles.
Femmes, entrepreneuriat et résilience face à la crise climatique

L’initiative s’inscrit également dans une réflexion plus large autour de la résilience face aux effets de la crise climatique.
Le changement climatique affecte directement les moyens de subsistance de nombreuses communautés, notamment celles qui dépendent fortement de l’agriculture et des ressources naturelles. Dans ce contexte, la diversification des activités économiques constitue une piste importante pour réduire la vulnérabilité des ménages.
La myciculture peut contribuer à cette diversification en offrant une activité de production alimentaire et commerciale pouvant être développée dans des espaces limités.
À travers ce type d’initiative, le projet cherche donc à renforcer simultanément les capacités économiques des femmes et des filles, leur résilience et leur capacité à développer des solutions entrepreneuriales adaptées aux réalités de leurs communautés.
De la formation à l’action

La formation organisée à Kadutu constitue une étape importante, mais elle représente surtout un point de départ.
L’enjeu est désormais de favoriser la mise en pratique des connaissances acquises par les 40 participantes et de les accompagner dans la transformation de ces compétences en initiatives économiques viables.
Le renforcement des capacités techniques doit aller de pair avec l’accompagnement entrepreneurial, l’accès aux informations sur les marchés, la mise en réseau et, lorsque cela est possible, l’accès aux moyens nécessaires au démarrage ou au développement des activités.
Cette approche permet de placer les femmes et les filles au centre du processus et de leur donner les outils nécessaires pour devenir des actrices économiques à part entière.
Investir dans les compétences pour construire des communautés plus résilientes
À travers cette formation, le projet démontre que l’autonomisation des femmes et des filles peut passer par des solutions simples, pratiques et adaptées au contexte local.
Les 40 participantes formées à Kadutu repartent avec de nouvelles connaissances et, surtout, avec une meilleure compréhension d’une activité qui pourrait devenir une source de revenus et contribuer à leur indépendance économique.
L’expérience de Philemon rappelle également l’importance de valoriser les savoirs pratiques et de créer des espaces où les communautés peuvent apprendre, expérimenter et développer leurs propres solutions.

Investir dans les compétences des femmes et des filles, c’est investir dans leur autonomie, mais aussi dans la résilience économique et sociale de toute la communauté.
La formation sur la culture des champignons pleurotes à Kadutu constitue ainsi une illustration concrète d’une approche qui associe autonomisation économique, entrepreneuriat féminin, sécurité alimentaire et résilience face à la crise climatique.
40 femmes et filles formées. Une compétence nouvelle. Une opportunité économique. Et surtout, une nouvelle perspective pour construire des communautés plus autonomes et résilientes.
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